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Vérité N°3: Eolien flottant en mer BNO A 10 : technologie immature et coûts faramineux

L’éolien offshore par plus de 50 m de fond est balbutiant : les technologies ne sont pas mûres. Les éoliennes offshore opérationnelles en Europe sont pratiquement toutes implantées par des profondeurs de 20 à 50 m et donc posées sur le fond. Quelques prototypes d’éoliennes flottantes extrêmement coûteux ont été implantés par 80/100 m de fond pour tester différentes technologies.
Aucun de ces prototypes n’est représentatif de ce qui est prévu pour le projet BNO.
D’énormes éoliennes sur des flotteurs monstrueux
La puissance visée (2 GW) impose un très grand nombre d’éoliennes, et donc de plateformes flottantes, réparties sur une très grande surface maritime. Chaque plateforme représente un monstre d’acier couteux par rapport à la puissance unitaire d’une éolienne. Il est donc envisagé des éoliennes très puissantes (de l’ordre de 20 MW), pour réduire le nombre de plateformes, mais ces plateformes seront encore plus monstrueuses et, évidemment encore plus coûteuses. Rien de tout cela n’existe aujourd’hui. On ne saurait pas installer non plus de telles éoliennes (les grues n’existent pas).
On n’a aujourd’hui aucune expérience permettant d’estimer les performances et les coûts d’éoliennes aussi grandes, des plateformes flottantes qui peuvent les accueillir et du regroupement d’une telle quantité de ces éoliennes.
Comme référence opérationnelle, on peut prendre le champ de Saint Brieuc, c’est un champ posé, avec des éoliennes beaucoup plus petites (8 MW) en moins grand nombre (62) et son coût complet est 3 ou 4 fois celui du nucléaire (200 à 250 €/MWh contre 60).

Le cout du MWh facturé par Iberdrola est de 196 € auquel il faut ajouter :

  • La production non effectuée mais payée, parce qu’il a du vent mais pas de demande de consommation.
  • L’amortissement des coûts de raccordement pris en charge par RTE et non par Iberdrola.
  • Les travaux de sécurité sur le réseau pris en charge par RTE, qui sont de plus en plus élevés au fur et à mesure que l’on rajoute de l’intermittence sur le réseau breton.
  • Le coût de l’effacement du nucléaire pour donner priorité à l’éolien.

Si on considère que le coût d’investissement de l’éolien flottant devrait être du double du posé et même si on considère que la marge d’Iberdrola est très excessive, le cout complet de production de BNO promet d’atteindre un niveau extrêmement élevé.

Maintenir des projets d’éolien offshore flottant dans les PPE est une folie économique qui nécessiterait des subventions gigantesques.